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Quand la vie vacille : de l’effondrement à la douceur de vivre

Quand la vie vacille de l'effondrement à la douceur de vivre

Il y a des périodes de vie où, sur le papier, tout semble avancer. On coche des cases, on fait des projets. Et pourtant, à l’intérieur, tout vacille.

Cet article, je l’écris pour vous. Pour les femmes qui ont traversé des tempêtes — déménagements, deuils, changements de cap pro — parfois choisis, parfois subis, mais toujours exigeants. Celles pour qui la vie n’a pas été un long fleuve tranquille ces dernières années.

Celles qui ont tenu bon, le dos droit, souvent sans trop se plaindre, jusqu’au jour où le corps, le cœur ou l’élan disent : Stop.

Quand le décor se fissure (avant le grand saut)

Pendant plusieurs années, nous avons vécu à Montbrison. C’était une belle période, imparfaite mais douce. J’aimais notre maison, malgré ses défauts, ce mur mitoyen moche ou cette infiltration d’eau qui nous agaçait mais que l’on avait caché avec une table.

Mais il y avait mon refuge : l’extérieur. Une terrasse, un bar en pierre où je passais des heures à faire mes photos, à écouter de la musique. J’y avais recréé un petit bout de sud avec mes plantes comme les lauriers et bougainvilliers sans oublier quelques cactus. Et juste derrière la maison, ce chemin qui menait vers des panoramas sublimes. La nature était ma béquille, mon équilibre.

Pourtant, il a fallu être lucide. Nous étions locataires, Montbrison devenait inabordable, et l’envie d’un « chez-nous » plus fonctionnel se faisait pressante. Il fallait partir et sans parler de voisins trop proches et trop envahissants !

L’intuition, le rêve… et la réalité qui frappe

Nous avons cherché, hésité, et l’intuition nous a guidés aux portes de la Bourgogne dans le Roannais et la charmante ville médiévale de Charlieu. C’est beau, c’est vert, c’est très nature, parfait pour nous !
Nous avons trouvé cette grande ferme réaménagée : beaux volumes, piscine, pompe à chaleur, budget respecté. Sur le papier, c’était le rêve qui s’alignait.

Mais la réalité nous a rattrapés au tournant.
La vente a été un parcours du combattant administratif. Mon conjoint a fait un burn-out en plein milieu des cartons. Et ce déménagement… Il a été l’épreuve de trop. Des semaines d’allers-retours, plus d’une heure de route à chaque trajet, des montagnes d’affaires à trier. Je suis arrivée dans cette nouvelle vie non pas excitée, mais vidée. Physiquement et mentalement à genoux.

L’effondrement : quand tout arrive en même temps

Une fois les cartons posés, la magie n’a pas opéré.
Nous avons attrapé le Covid. Il pleuvait sans discontinuer (vous connaissez cet impact sur le moral ?). L’enthousiasme a laissé place à une déprime lourde. Pour couronner le tout, l’insécurité financière s’est invitée…

labrador noir

C’est pourtant dans ce chaos que j’ai réalisé un vieux rêve : accueillir un labrador noir. Il était magnifique, puissant… et pendant un an, ce fut un véritable diablotin.
J’étais déjà épuisée, et me voilà à gérer 40 kilos d’énergie pure, d’éducation et de bêtises. Lui qui devait être mon compagnon de randonnée supportait mal la chaleur et tirait en laisse. Mes balades « ressource » sont devenues des épreuves logistiques. Mais je le voulais ce chien et maintenant c’est toujours un coquin mais un amour, d’une intelligence incroyable et qui agit sur moi comme un véritable anti-dépresseur ! 😉

Et puis, le coup de grâce.
Ma petite Jack Russell de 17 ans, ma Dada, a fait un AVC. J’ai dû l’accompagner pour son dernier voyage. J’ai dormi avec elle tout sa dernière nuit, elle ne cessait de me regarder droit dans les yeux, un vrai crève-coeur… Elle avec qui j’avais vécu tant de choses, ma vie à Saint-Etienne, les vacances toujours avec nous, nos multiples randonnées autour de Montbrison…En la perdant, j’ai eu l’impression qu’un pan entier de mon histoire s’effondrait. J’ai dû apprendre à faire le deuil d’un animal de compagnie, d’une amie…

Le deuil de la « vie d’avant »

Il m’a fallu du temps. Beaucoup de temps. Un an de brouillard avant de voir une éclaircie.
Encore aujourd’hui, je dois faire le deuil de certaines choses. Ici, pas de chemin direct derrière la maison pour lâcher les chiens. Il faut prendre la voiture. Il y a du monde, le coin commence à être bien prisé par les lyonnais. Avec mon labrador (devenu plus sage mais toujours trop enthousiaste), la spontanéité n’est plus la même. Tout est organisation, moi qui aimait tant partir en balade en toute liberté.

Ajoutez à cela les travaux, les concessions financières, la fatigue qui ne part pas vraiment. Ce n’est rien d’insurmontable, non. Mais c’est une accumulation de « petits poids » qui, mis bout à bout, pèsent des tonnes sur les épaules.

Le bien-être après 45 ans : la reconstruction douce

C’est là, au creux de la vague, que quelque chose a changé en moi. Pas une révélation mystique, non. Juste une lente et profonde prise de conscience.

J’ai compris qu’après 45 ans, le bien-être ne peut plus être une course à la performance.
Ce n’est plus « faire plus », ni « être mieux que ».
C’est apprendre à se ménager. À se respecter. À composer avec ce qui est là, avec les deuils, les concessions et ce corps qui change.

Prendre soin de soi à cet âge, c’est accepter que tout ne sera plus jamais « comme avant ». Mais que ça peut être autrement. Peut-être plus lent. Sûrement plus conscient.

Vers une nouvelle douceur de vivre

la douceur de vivre

Aujourd’hui, je lâche prise. Je cherche moins à tout contrôler.
J’apprends à faire la paix avec la frustration (et avec mon jardin qui n’est pas celui d’avant). Je m’autorise à dire non, à ralentir, à prioriser ma santé mentale sans culpabilité.

Si vous me lisez et que vous traversez une période où tout semble lourd, bancal ou incertain, retenez ceci : vous n’êtes pas en retard. Vous n’avez pas échoué.
Vous êtes en train de vous adapter. Et cette adaptation, aussi inconfortable et douloureuse soit-elle, est le terreau de votre renaissance.

Le bien-être après 45 ans, ce n’est pas essayer de redevenir la femme d’avant. C’est apprendre à aimer celle que vous devenez : avec son histoire, ses cicatrices, et sa force tranquille.

Parfois, aller mieux, ça commence simplement par se donner le droit de souffler et de dire : « Oui, ça a été dur. Mais je suis là. »

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