Entre les conseils qui nous disent de bouger et notre envie de rester sous un plaid, j’ai voulu tester les limites. Mon corps m’a vite rappelé à l’ordre.
Le grand dilemme mensuel
« Le premier jour de mes règles. Le réveil sonne. Sur mon téléphone, mon appli de sport me rappelle ma séance programmée. Sur ma table de chevet, mon ventre me supplie de rester sous la couette. C’est le grand dilemme mensuel : canapé ou baskets ?
On entend tout et son contraire. ‘Le sport, c’est génial pour les douleurs !’, ‘Tu dois écouter ton corps et te reposer’. Alors, qui croire ? Poussée par une vague de motivation et l’envie de ne pas me laisser ‘dicter ma vie par mon cycle’, j’ai récemment décidé de faire fi des signaux et de foncer.
Aujourd’hui, je veux vous raconter cette expérience, sans filtre. Pas pour vous donner une leçon, mais pour partager ce que j’ai appris de la manière la plus directe qui soit : en écoutant la réponse, un peu douloureuse, de mon corps. »
La Théorie – Ce qu’on nous dit sur le sport et les règles
« Avant de vous raconter mon histoire, faisons un point rapide sur la ‘doxa’. Car oui, il y a du bon et du moins bon à faire du sport pendant ses règles. »
- Les Avantages (Le côté lumineux) :
- Effet anti-douleur naturel : l’activité physique libère des endorphines, nos ‘morphines’ naturelles.
- Boost de l’humeur : ces mêmes endorphines luttent contre l’irritabilité et le coup de blues prémenstruel.
- Réduction des ballonnements : bouger stimule la circulation et peut aider à se sentir moins ‘gonflée’.
- Les Inconvénients et Signaux d’Alerte (Le côté à écouter) :
- Fatigue accrue : notre corps travaille déjà énormément. Une séance trop intense peut l’épuiser.
- Flux potentiellement plus abondant : chez certaines, une activité intense peut augmenter le flux temporairement.
- Risque de blessure : nos ligaments peuvent être plus souples et donc plus fragiles à certains moments du cycle.
Mon Expérience – Quand la volonté ignore la sagesse du corps
« Nous sommes fin août. Il fait encore chaud et humide. Je suis en plein dans ma ‘phase de transformation’, pleine d’énergie et d’envie de bien faire. Mes règles arrivent, mais pas question que ça gâche ma routine ! Je lace mes baskets, je mets mes écouteurs, et je pars pour ma séance habituelle, une session assez intense en plus !
Sur le moment, je suis fière. Je me sens forte, je me dis ‘Tu vois, tu l’as fait !’. Le soir même, je sens un léger inconfort, mais je l’ignore, le mettant sur le compte de la fatigue.
Le lendemain, la douche froide. Littéralement.
Je me sens… sèche. Une sécheresse vaginale intense, comme je n’en avais jamais ressenti. Chaque mouvement est désagréable, une sensation de friction, presque de brûlure. Je me dis que c’est la chaleur, la transpiration, un mauvais combo. Mais les jours suivants, l’inconfort persiste et s’installe. Ce n’est plus de la sécheresse, c’est une inflammation. Une sensation constante qui me rappelle à chaque instant que j’ai fait quelque chose que je n’aurais pas dû. Mon corps ne chuchotait plus, il criait.
- ERREUR 1 : FORCER, au lieu d’ACCOMPAGNER. Ma plus grosse erreur. J’ai abordé ma séance comme n’importe quel autre jour, avec la même intensité, la même exigence. J’ai voulu vaincre mon état, au lieu de composer avec lui. Le corps, pendant les règles, n’est pas un adversaire à soumettre.
- ERREUR 2 : IGNORER LE CONTEXTE. Fin août, chaleur, humidité. Mon corps était déjà en train de gérer la température et la déshydratation potentielle. En ajoutant un effort intense et la transpiration, j’ai créé l’environnement parfait pour une irritation : frottements + humidité + muqueuse fragilisée.
- ERREUR 3 : LE MAUVAIS SPORT AU MAUVAIS MOMENT. Une séance de HIIT ou de course à pied n’est peut-être pas la meilleure amie de notre périnée les premiers jours de règles. Les impacts répétés, la contraction des muscles du plancher pelvien… Tout cela a contribué à l’inflammation.
- ERREUR 4 : NE PAS ÉCOUTER LES PREMIERS CHUCHOTEMENTS. Le léger inconfort du premier soir n’était pas anodin. C’était le premier signal. L’ignorer a permis au « petit feu » de devenir un « incendie ».
- Choisir des sports doux : les premiers jours, on privilégie le Yin Yoga, le stretching, la marche douce en nature, le Pilates. Des activités qui accompagnent le corps, le détendent et le font circuler en douceur.
- L’hydratation est votre meilleure amie : boire beaucoup d’eau, mais aussi des infusions apaisantes (camomille, mélisse). Une bonne hydratation est essentielle pour nos muqueuses !
- Porter des vêtements adaptés : une culotte en coton respirant et des vêtements amples pour limiter les frottements et laisser la zone respirer. C’est un détail qui change tout.
- Le soin post-effort réconfortant : après une séance douce, un bain chaud avec du sel d’Epsom pour détendre les muscles. On peut aussi appliquer (en externe uniquement !) une huile végétale neutre comme l’huile de coco ou un macérat de calendula pour apaiser si l’on sent une légère irritation due aux frottements.
- Disclaimer important : en cas de douleur, de brûlure ou d’inconfort persistant, il est essentiel de consulter un professionnel de santé (médecin, gynécologue ou sage-femme). Cet article partage une expérience, pas un diagnostic médical !
En Plein Dedans – Gérer l’inflammation et la fatigue
« Vous l’aurez compris, au moment où j’écris ces lignes, je suis encore en plein dedans. C’est pas insupportable mais c’est pas du tout du tout agréable ! Cette expérience n’est pas un lointain souvenir, c’est mon quotidien. Et je voulais ajouter ce passage pour vous dire une chose : si vous vivez ça, vous n’êtes pas seule. Et surtout, votre ressenti est légitime. »
Pourquoi c’est si désagréable (et pourquoi ça épuise)
« Ce n’est pas ‘juste’ une irritation. C’est un état d’inflammation d’une zone hyper-sensible et intime, la vulve. Pensez-y : c’est une muqueuse, une peau très fine et riche en terminaisons nerveuses, qui n’est pas censée être agressée. L’inflammation, c’est la réponse de défense du corps : il envoie du sang, de la chaleur pour combattre l’agression. Mais cela se traduit par cette sensation de brûlure, de picotement, de frottement constant.
Et la fatigue qui va avec n’est pas juste psychologique. C’est une fatigue physique réelle.
- Le corps est en mode ‘réparation’ : lutter contre une inflammation, même locale, demande énormément d’énergie au système immunitaire. C’est un travail de fond, invisible, mais épuisant. C’est la même raison pour laquelle on est fatigué quand on a un simple rhume.
- La charge mentale de la douleur : avoir une douleur ou un inconfort constant, même de faible intensité, occupe une place énorme dans notre cerveau. Chaque mouvement, chaque assise, chaque passage aux toilettes est une source d’appréhension. Cette vigilance permanente est mentalement et émotionnellement drainante.
- Le sommeil perturbé : difficile de trouver le sommeil profond et réparateur quand une partie de notre corps nous envoie des signaux de détresse.
En bref, si vous vous sentez irritable, à fleur de peau et complètement vidée, c’est NORMAL. Votre corps mène une bataille et il a besoin de toutes ses ressources. »
Mes solutions douces pour soulager et apaiser (Testées en direct)
« Puisque je suis en pleine mission ‘apaisement’, voici ce qui m’aide concrètement à traverser cette période inconfortable. Encore une fois, je rappelle qu’un avis médical est primordial, mais ces gestes de confort peuvent faire une vraie différence. »
- Le Repos de la Guerrière : la première chose que j’ai faite, c’est de tout mettre sur ‘off’. J’ai annulé mes séances de sport, accepté de ne pas être productive. J’ai mis mon corps au repos total. C’est la base de la guérison.
- Mission ‘Zéro Friction’ : j’ai adopté l’uniforme du confort absolu. Exit les jeans, les leggings et même les sous-vêtements trop serrés. Je ne porte que des jupes longues et amples ou des pantalons en lin très larges, et le plus souvent possible, pas de sous-vêtements à la maison pour laisser la zone respirer au maximum. Le choix de la culotte (quand j’en mets) est crucial : 100% coton bio, douce, et une taille au-dessus pour être sûre qu’elle ne serre pas.
- L’Eau, mon Alliée Apaisante : pour la toilette intime, la simplicité est reine. J’utilise uniquement de l’eau claire et fraîche (pas froide !) une fois par jour. J’ai banni tout savon, même le plus doux, pour ne pas perturber davantage la flore. Après la douche, je sèche en tamponnant délicatement avec une serviette ultra douce dédiée à cet usage.
- Le Baume de Secours Naturel : sur les conseils d’une amie naturopathe (et après validation que cela ne brûlait pas), j’ai appliqué en externe sur la vulve (jamais à l’intérieur !) une très petite quantité de macérat huileux de Calendula. C’est une huile végétale connue pour ses incroyables propriétés anti-inflammatoires, cicatrisantes et apaisantes. Appliquée après la toilette, elle crée un film protecteur qui soulage la sensation de frottement. Alternative : l’huile de coco vierge, pour ses vertus antifongiques et hydratantes. (Important : toujours faire un test sur une petite zone avant !). Sinon, direction, la pharmacie, ils ont de très bonnes crèmes apaisantes !
- Le Froid pour Calmer le Feu : quand la sensation de brûlure est trop forte, une petite astuce simple : je prends une compresse ou un gant de toilette propre que je passe sous l’eau très froide, je l’essore bien, et je l’applique quelques minutes. L’effet anesthésiant et vasoconstricteur du froid est immédiat et soulage énormément.
« Ces gestes simples, combinés au repos, sont mon kit de survie. Ils m’obligent à ralentir, à prendre soin de cette partie si intime de mon corps, et à lui envoyer un message d’amour et de réparation, plutôt que de frustration. »
Conclusion : notre cycle, notre super-pouvoir
« Cette inflammation, aussi désagréable fût-elle, a été un cadeau. Elle m’a forcée à m’arrêter, à écouter, et à comprendre que mon corps n’est pas une machine. Mon cycle n’est pas une faiblesse, c’est un baromètre interne, un guide.
Apprendre à danser avec lui, à moduler mon énergie, mon alimentation et mon sport en fonction de ses phases, c’est peut-être ça, la vraie transformation ‘saine’. Ce n’est pas se pousser plus fort, mais s’écouter plus profondément.
Et vous, quelle est votre relation avec le sport pendant vos règles ? Plutôt team canapé, team yoga doux ou team ‘je ne change rien’ ? Partagez vos expériences en commentaire, je suis sûre qu’on a toutes beaucoup à apprendre les unes des autres. »

