Coucou les Bombastikgirls !
Vous connaissez la chanson. On ouvre sa boîte aux lettres, on scrolle sur Facebook, et c’est toujours la même promesse alléchante : « Devenez autonome ! », « L’État paie vos panneaux ! », « Adieu les factures EDF ! ».
Sur le papier, c’est le rêve. Surtout quand on voit le prix du kilowattheure grimper en flèche. On se dit qu’on va faire un geste pour la planète et pour notre compte en banque.
Nous aussi, on a eu envie d’y croire.
On a signé. On a fait installer des panneaux sur notre toit.
Alors, verdict ? Est-ce qu’on boit du champagne en regardant le compteur Linky tourner à l’envers ?
Spoiler : Pas vraiment.
Aujourd’hui, je ne vais pas vous faire un cours théorique. Je vais vous raconter notre réalité. Celle d’une facture d’électricité qui a baissé, certes, mais qui a été remplacée par un crédit bancaire, et des promesses d’aides qui se sont envolées (attention aux sociétés « arnaques » qui gardent ces sommes pour eux…)
Si vous hésitez à sauter le pas, lisez ça avant de signer.
Notre bilan : la douche froide administrative
L’argument numéro un des commerciaux, c’est l’autofinancement. « Madame, les économies et les aides vont payer le crédit des panneaux ! ».
Laissez-moi rire (jaune).
Voici ce qui s’est réellement passé chez nous :
- Le crédit est bien là : nous avons contracté un prêt pour l’installation (car non, ce n’est pas gratuit). Chaque mois, une somme conséquente sort du compte avec des intérêts évidemment.
- La facture a baissé (ouf) : oui, nous produisons de l’électricité. La facture d’énergie a diminué. C’est le seul point positif mais c’est pas non plus la folie hein !
- Les aides fantômes : c’est là que le bât blesse. On nous avait fait miroiter la récupération de la TVA et une belle prime à l’autoconsommation. Résultat des courses ? Entre les dossiers mal ficelés, les critères obscurs et les délais administratifs, nous n’avons rien touché. Ni TVA, ni aide de l’État. Nous nous sommes clairement fait arnaquer par l’entreprise !
Le résultat net ? Au lieu d’alléger notre budget, nous avons simplement remplacé une facture EDF par une mensualité de crédit… souvent plus élevée ! On est loin de l’affaire du siècle annoncée et en plus on a quand même une facture EDF à payer. Ce qui fait crédit + facture EDF ! Un bon poêle à bois ou à pellets, on investira ! 😉
L’autoconsommation : le casse-tête qu’on ne soupçonne pas
Au-delà de l’argent, il y a la pratique. On s’imagine qu’une fois les panneaux posés, c’est magique.
Mais le soleil a un défaut majeur : il brille quand vous n’êtes pas là.
Vos panneaux tournent à plein régime entre 11h et 15h.
Et vous ? Vous êtes au travail, les enfants à l’école. La maison est vide.
Vous produisez de l’énergie… que vous réinjectez dans le réseau (souvent rachetée une misère, voire donnée gratuitement si le contrat est mal fait).
Et le soir, quand vous rentrez, que vous lancez les machines, la télé et le four… il n’y a plus de soleil. Vous rachetez donc votre électricité au prix fort à votre fournisseur.
- La réalité du terrain : Pour que ce soit rentable, nous avons dû devenir des stratèges. Programmer le lave-linge à midi, le lave-vaisselle à 13h… C’est une charge mentale supplémentaire dont on se passerait bien !
Les coûts cachés (qu’on oublie sur le devis)
Quand on calcule la rentabilité des panneaux solaires, on oublie souvent l’entretien. Ce n’est pas un équipement « on pose et on oublie ».
- L’onduleur : c’est le cœur du système. Sa durée de vie est d’environ 10 ans. Le coût de remplacement ? Entre 1000 et 2000 euros. Ça, le commercial « oublie » souvent de l’inclure dans son tableau d’amortissement sur 20 ans.
- Le nettoyage : feuilles mortes, poussière, pollen… Des panneaux sales produisent 10 à 15% de moins. Si vous ne pouvez pas monter sur votre toit, il faut payer un pro.
Mes conseils (pour ne pas vous faire avoir comme nous)
Je ne dis pas qu’il ne faut pas le faire. Le solaire reste une énergie d’avenir. Mais si c’était à refaire, voici ce que je changerais impérativement :
- Ne jamais croire au « 0€ à sortir » : si on vous promet que les aides couvrent tout, c’est faux. Partez du principe que vous paierez tout, et considérez les aides comme un « bonus » éventuel, pas comme un acquis.
- Vérifier le label RGE (vraiment) : pour toucher les aides (Prime Rénov’, rachat EDF OA), l’installateur doit être certifié RGE au moment des travaux. Vérifiez-le vous-même sur le site officiel du gouvernement (France Rénov’), ne croyez pas l’artisan sur parole.
- Refuser le crédit affecté du vendeur : les taux proposés par les sociétés de panneaux solaires sont souvent exorbitants. Allez voir votre propre banquier.
- Calculer sans les aides : est-ce que le projet est viable sans l’argent de l’État ? Si la réponse est non, ne signez pas. C’est trop risqué.
- Et prendre une entreprise de confiance : les avis Google seront vos amis !!!
Le mot de la fin
Mon but n’est pas de vous décourager, mais de vous armer.
Oui, produire son électricité est satisfaisant. Mais non, ce n’est pas la poule aux œufs d’or pour tout le monde.
Aujourd’hui, nous avons des panneaux, une facture d’électricité plus légère, mais un crédit sur le dos et un sentiment amer face aux promesses administratives non tenues.
Alors, soyez prudentes, soyez curieuses, et surtout : sortez vos propres calculatrices !
Et vous, vous avez des panneaux ? Avez-vous réussi à toucher les fameuses aides ou êtes-vous dans la même galère que nous ? Racontez-moi tout en commentaire, on se sentira moins seuls ! 👇

