Coucou les Bombastikgirls !
Qui n’a pas cette petite notification bleue qui fait vibrer son téléphone ? Dling !
Vinted, au départ, c’était ma caverne d’Ali Baba. L’idée de vider mes placards, de donner une seconde vie aux vêtements et de dénicher des pépites vintage pour trois fois rien… c’était le rêve écolo et économique absolu.
Mais depuis quelque temps, quand je scrolle sur l’appli, j’ai un sentiment mitigé.
Je vois des montagnes de vêtements « Neufs avec étiquette », des articles Shein vendus bien plus plus chers que sur le site chinois, et des colis qui traversent l’Europe pour un t-shirt à 3€.
Je me suis posé la question qui fâche : Est-ce que Vinted est toujours aussi vertueux qu’on le croit ? Ou est-ce qu’on a juste déplacé le problème de la fast-fashion ?
Quand Vinted devient un jeu (dangereux pour le porte-monnaie)
Il faut le reconnaître, l’application est super bien faite. Trop bien faite.
Faire des offres, négocier pour 50 centimes, attendre la réponse, gagner l’enchère… C’est un shot de dopamine à chaque étape ! Vinted a transformé le shopping en jeu vidéo. On cherche la « victoire » (avoir l’article au prix le plus bas) plus que le vêtement lui-même.
Résultat ? On se retrouve avec des piles de vêtements « trophées » qu’on a juste aimés… le temps de la transaction.
- Le réveil : avant de faire une offre, posez-vous la question : « Si je le voyais en magasin à ce prix-là sans pouvoir négocier, est-ce que je l’achèterais ? » Si la réponse est non, c’est que vous jouez, vous n’achetez pas. J’y fais vachement attention car à ce jeu là, on perd pas mal d’argent !
La déculpabilisation de l’achat
C’est le piège numéro 1.
Avant, quand j’achetais un haut chez Zara, j’avais une petite voix qui disait : « Encore ? Tu en as déjà dix. »
Sur Vinted, cette voix se tait. On se dit : « C’est de la seconde main, c’est bien pour la planète ! ».
Résultat ? On achète plus. Beaucoup plus. On achète parfois des choses dont on n’a pas besoin, juste parce que c’est à 5 euros. C’est le syndrome de la « surconsommation bonne conscience« . Si on achète 10 t-shirts d’occasion qu’on ne porte pas, ça reste du gaspillage. Donc, je me suis dit j’achète raisonnablement et je craque sur des pièces qui me font envie depuis longtemps. Par exemple, un beau sac en cuir d’une collab’ entre H&M et une grande marque de luxe, un bomber en jean Miss Sixty parce que je suis très nostalgique des années 2000 ou encore de beaux pulls vintage que j’achète pour garder longtemps car je connais les marques et leur longévité.
L’invasion de l’ultra-fast-fashion
C’est ce qui me chagrine le plus. Tapez « robe été » sur Vinted. Vous allez être inondée de marques comme Shein, Cider ou Temu. C’est absolument pas ce que je recherche car je sais utiliser ces sites merci, je peux commander une trentaine d’articles pour 100 euros que je ne mettrais pas (qualité hyper médiocre bien souvent et modèles hyper cheap). Moi, Vinted, j’y cherche des articles de qualité, de marques ou vintage qu’on ne trouve plus ou juste que je ne peux pas me payer en prix boutique !
Certaines vendeuses achètent des lots entiers sur ces sites pour les revendre « neufs » sur Vinted. On se retrouve à acheter de la qualité médiocre, fabriquée dans des conditions douteuses, mais via une plateforme de seconde main.
On ne sauve pas la planète en faisant voyager un t-shirt en polyester de la Chine vers une acheteuse, puis de l’acheteuse vers une Vintie, le tout pour qu’il finisse bouloché après deux lavages. C’est bien pour toutes ces raisons, que j’ai arrêté les vêtements Shein. je préfère une garde-robe plus petite mais de qualité qu’un dressing rempli de cochonneries !
Attention aux « boutiques » déguisées en vide-dressing
Vous l’avez remarqué ? On tombe de plus en plus souvent sur des profils qui vendent le même article en 5 tailles différentes, ou des bijoux « faits main » qui viennent clairement d’AliExpress.
Ce ne sont plus des particuliers qui vident leurs placards, ce sont des business cachés (dropshipping ou revente illégale).
- Le danger ? On pense faire une bonne action éthique entre particuliers, alors qu’on enrichit un système commercial de basse qualité, sans garantie, et sans aucune démarche écolo.
- Mon conseil : vérifiez toujours le profil. Si la personne a 500 articles « Neufs avec étiquette » et 10 fois la même robe, fuyez. Ce n’est pas de la seconde main, c’est du commerce déguisé.
Comment rester une « vintie » responsable ?
Pas question de désinstaller l’appli pour autant ! Vinted reste génial pour le pouvoir d’achat et pour trouver des pièces uniques. Mais j’ai changé ma façon de chiner :
- Je boycotte la Fast-Fashion : dans mes filtres, je décoche Shein, Primark, etc. Je cherche des belles matières (lin, soie, laine) ou des marques durables qui coûtent cher neuves. C’est là que la seconde main prend tout son sens comme je le mentionnais plus haut.
- Je privilégie les lots : pour amortir le transport (et le bilan carbone du colis), j’essaie d’acheter plusieurs articles à la même vendeuse. C’est pas toujours évident car en général il n’ y a qu’une pièce qui me plaît mais je vais quand même jeter un oeil sur le reste du dressing.
- La règle du « one in, one out » : je n’achète une pièce que si j’en ai vendu une. Ça évite de transformer mon dressing en entrepôt ! Comme ça l’argent que je gagne sur Vinted me sert à renouveler mon dressing tout en faisant de la place.
Le bilan carbone de mon t-shirt à 3€
On se sent vertueuse en achetant d’occasion. Mais avez-vous regardé d’où vient votre colis ?
Avec l’ouverture de Vinted à l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas… nos vêtements voyagent parfois plus que nous !
Acheter un t-shirt à 3€ qui va faire 2000 km en camion ou en avion pour arriver dans votre boîte aux lettres, est-ce vraiment écologique ? Pas sûr.
- L’astuce Bombastik : utilisez le filtre « Localisation » quand vous cherchez une pièce basique. Privilégiez les vendeuses en France. C’est un petit geste, mais multiplier les transports internationaux pour des pièces de fast-fashion annule complètement le bénéfice écologique de la seconde main. Et si j’achète ailleurs qu’en France, c’est parce que ce sont des pièces introuvables ici. J’avoue que la mode italienne, espagnole ou les bijoux vintage allemands, c’est quelque chose !
Le mot de la fin
Vinted est un outil formidable, mais comme tout outil, ça dépend de ce qu’on en fait.
Ne laissons pas l’application devenir un autre temple de la consommation frénétique. Gardons l’esprit « chiner », l’esprit « trésor », l’esprit durable. C’est ça qui est bon avec Vinted, les trouvailles, les trésors, les vêtements/accessoires qu’on ne trouve plus ou pas et qui vont venir enrichir notre look rien qu’à nous. Moi Vinted, je l’utilise justement pour me démarquer de ce que je vois partout sur les autres mais sans m’encombrer de pièces inutiles. Et, de toute façon, si je n’aime pas je le poste sur mon Vinted ou carrément je le donne.
Et vous, votre rapport à Vinted a changé ? Vous trouvez encore des pépites ou vous êtes noyée sous la fast-fashion ? On ouvre le débat en commentaire ! 👇

