Mère Nature a parfois un sens de l’humour extrêmement douteux. Vous transpirez à grosses gouttes, le thermomètre s’affole, l’air est lourd, vous rêvez secrètement de vivre nue dans votre bac à légumes… et BAM. Le petit tiraillement familier dans le bas-ventre. Vos règles débarquent.
Avoir ses règles en pleine canicule, c’est ce qu’on appelle la double peine absolue.
La chaleur aggrave la rétention d’eau, la fatigue s’abat sur nous comme une enclume, notre patience est proche du néant, et ne parlons même pas de l’enfer des protections hygiéniques quand on transpire. C’est l’inconfort poussé à son paroxysme.
Puisqu’on ne peut malheureusement pas mettre notre utérus sur « pause » en attendant le mois d’octobre, j’ai décidé de vous compiler mon grand guide de survie personnel. Des vraies astuces, testées avec l’énergie du désespoir, pour traverser cette vague de chaleur sanglante en limitant les dégâts.
Le dilemme de la bouillotte : soulager les crampes quand il fait 40°C
C’est la plus grande injustice de cette période. Pour soulager les contractions utérines, le meilleur remède est la chaleur. Mais quand l’air ambiant est brûlant, l’idée de vous plaquer une bouillotte sur le ventre vous donne des sueurs froides.
Comment on s’en sort ?
- La chaleur tiède ciblée : ne mettez surtout pas de glace sur votre ventre (le froid contracte les vaisseaux sanguins et empire les crampes !). Utilisez votre bouillotte, mais remplissez-la d’eau tiède, juste assez pour décontracter le muscle sans faire exploser votre température corporelle.
- Refroidir les points de pulsation : pendant que votre ventre est au tiède, refroidissez le reste. Passez un glaçon ou un gant d’eau très froide sur votre nuque, à l’intérieur de vos poignets ou derrière vos genoux. Ça trompe le cerveau et fait redescendre la température globale.
- Le massage aux huiles essentielles : si la bouillotte est vraiment insupportable, massez votre bas-ventre avec quelques gouttes d’huile essentielle d’Estragon ou de Sauge Sclarée (diluées dans une huile végétale). Leurs propriétés antispasmodiques font des miracles pour détendre l’utérus, sans apporter de chaleur.
L’enfer de la culotte : bye-bye l’effet « cocotte-minute »
S’il y a bien un moment dans l’année où il faut bannir les serviettes hygiéniques du commerce, c’est maintenant. Gorgées de plastique, elles créent un effet de serre désastreux entre vos cuisses. Transpiration + plastique = frottements, odeurs, et risque de mycoses.
Mes alternatives « spéciales canicule » :
- La cup ou le disque menstruel : c’est le Graal de l’été. Ils se font totalement oublier, aucune sensation d’humidité à l’extérieur, et surtout : la liberté totale d’aller se baigner à n’importe quel moment pour se rafraîchir.
- La culotte menstruelle d’été : si vous n’êtes pas à l’aise avec l’insertion, les culottes menstruelles restent géniales, mais attention au modèle ! Oubliez les culottes « flux abondant/nuit » très épaisses qui remontent jusqu’au nombril. Investissez dans des modèles flux léger/moyen, en coton bio très fin, avec des empiècements en dentelle sur les hanches pour laisser la peau respirer.
- Le maillot de bain menstruel : c’est la révolution de ces dernières années. Pouvoir se baigner (ou juste bronzer au bord de l’eau) sans le fil du tampon qui dépasse ou la peur de la tache… Ça change littéralement la vie (et les vacances).
Le « Chub Rub » : vaincre le frottement des cuisses
Pendant nos règles, la zone pelvienne est ultra-sensible, congestionnée. Ajoutez à cela la chaleur, la transpiration, et les cuisses qui se touchent quand on marche en robe… le moindre frottement devient une véritable brûlure.
- L’astuce vestimentaire : oubliez les shorts en jean serrés qui vous scient le ventre (votre pire ennemi quand vous êtes ballonnée). Misez tout sur les robes fluides en lin ou en coton. Pour sauver vos cuisses, glissez un petit shorty type « cycliste » hyper fin et sans couture en dessous.
- La barrière de protection : si vous détestez porter un short sous vos robes, investissez dans une crème anti-frottement (comme la fameuse crème Nok utilisée par les marathoniens). Vous en tartinez l’intérieur de vos cuisses le matin, et ça glisse tout seul toute la journée.
Le corps « Bibendum » : vaincre la rétention d’eau
La chaleur fait gonfler. Les règles font gonfler. Le combo des deux vous donne l’impression d’être à l’étroit dans votre propre peau, les doigts boudinés et les jambes lourdes.
C’est totalement contre-intuitif, mais pour « dégonfler », il faut boire énormément. Plus vous buvez, plus vous forcez votre corps à drainer l’eau qu’il stocke par peur d’en manquer.
- Dans l’assiette : fuyez les chips de l’apéro ou la charcuterie (le sel est le meilleur ami de la rétention d’eau). Jetez-vous sur le melon, la pastèque, le concombre.
- Le magnésium : les règles épuisent nos réserves de magnésium, ce qui accentue la fatigue et l’irritabilité. C’est le moment de manger une poignée d’amandes, ou mieux… du chocolat noir (sans culpabiliser un seul quart de seconde).
Le cauchemar des nuits tropicales
Dormir quand il fait 30°C dans la chambre est déjà compliqué, mais avec ses règles, c’est l’angoisse. On a peur de tacher les draps parce qu’on bouge beaucoup, on transpire, on a mal…
- Le combo douche + serviette : prenez une douche tiède (jamais glacée, sinon votre corps va produire de la chaleur pour se réchauffer) juste avant de vous coucher. Glissez une grande serviette de bain éponge sous vos fesses pour protéger le matelas : psychologiquement, ça vous enlèvera l’angoisse de la fuite, et vous dormirez plus détendue.
- Dormez léger : juste une culotte menstruelle, et rien d’autre. Laissez votre corps réguler sa température à l’air libre.
Lâchez-vous la grappe !
C’est le conseil le plus important de cet article.
Votre corps est en train de fournir un effort colossal. Réguler sa température interne par temps de canicule demande énormément d’énergie. Gérer les fluctuations hormonales, les douleurs et les pertes de sang en demande tout autant. Sans compter le SPM (Syndrome Pré-Menstruel) qui, couplé à la fatigue de la chaleur, peut transformer la personne la plus zen en cocotte-minute prête à exploser.
Alors, si pendant trois jours, votre seule activité consiste à ramper du canapé jusqu’au ventilateur en mangeant de la glace à même le pot… c’est parfait.
Annulez ce cours de sport, décalez ce verre en terrasse si vous n’avez pas la force d’y aller, et refusez de vous sentir coupable. Écoutez votre corps, mettez-vous au ralenti, l’été sera toujours là dans quelques jours.
Et vous les filles, quelles sont vos astuces infaillibles pour survivre quand ce combo maudit frappe à la porte ? Êtes-vous plutôt team « cup et baignade » ou team « canapé et ventilateur » ? Venez partager vos conseils de survie en commentaire, on a besoin de se serrer les coudes ! 👇



