Nous sommes fin juin. L’été s’est installé, et avec la vague de canicule étouffante qu’on vient de se prendre de plein fouet, on a toutes compris une chose : quand il fait 38 degrés à l’ombre et qu’on cherche désespérément un coin de fraîcheur, la dernière chose dont on a envie de se soucier, c’est de savoir si on a le « bon » corps pour le faire.
Pourtant, la machine médiatique ne s’arrête jamais. Les magazines titrent encore « Ventre plat sur la plage », les publicités pour les crèmes amincissantes inondent nos fils Instagram, et on entend encore des réflexions du type : « Ouh là, faut que je me calme sur le rosé si je veux assumer mon maillot en août ! »
Pendant des années, je suis tombée dans le panneau. Je déclarais la guerre à mon propre corps. Je comptais, je me privais, avec cette angoisse sourde de ne pas être « valide » pour avoir le droit de marcher sur le sable.
Et puis j’ai dit stop. Aujourd’hui, je refuse catégoriquement de m’imposer un régime. Et je vous explique pourquoi cette décision est la plus belle libération de ma vie (et pourquoi vous devriez tout envoyer balader, vous aussi).
Mais c’est quoi, un « Summer Body » au juste ?
Le Summer Body n’est pas une réalité anatomique. C’est un concept marketing, inventé de toutes pièces pour nous faire acheter des choses dont nous n’avons pas besoin.
L’idée qu’il faudrait « préparer » ou « sculpter » son corps pour l’été sous-entend qu’il serait défectueux le reste de l’année. Qu’il faut le poncer et l’affamer pour qu’il soit digne d’être vu à la lumière du jour. C’est d’une violence inouïe.
Si on y réfléchit bien, pour avoir un Summer Body (un corps d’été), la recette est très simple :
- Ayez un corps.
- Soyez en été.
C’est tout. Fin de la liste.
Pourquoi s’affamer en plein été est un piège toxique
Faire un régime restrictif pendant la saison estivale est la pire chose que l’on puisse s’infliger, et ce pour plusieurs raisons :
- Il gâche notre charge mentale : l’été est la saison du lâcher-prise. Surtout en période de canicule, où la seule chose qui compte est de s’hydrater et de se rafraîchir. Passer son temps à calculer les calories d’un morceau de melon ou à refuser un verre de limonade glacée par culpabilité, c’est passer à côté de la vie.
- L’effet yoyo est inévitable : physiologiquement, quand vous affamez votre corps (qui puise déjà dans ses réserves pour réguler sa température avec la chaleur), il se met en mode survie. Dès que vous allez relâcher la pression en vacances, il va stocker la moindre calorie en prévision de la prochaine « famine ».
- Il conditionne notre valeur à un chiffre : conditionner son droit d’aller se baigner pour se rafraîchir à un chiffre sur la balance, c’est donner les clés de son bien-être à un objet en plastique posé sur le carrelage de la salle de bain.
Ma routine (garantie sans balance) pour survivre à la chaleur
Refuser les régimes ne veut pas dire se laisser aller. Au contraire, ça veut dire prendre soin de soi avec douceur, écouter son corps quand il a trop chaud, plutôt que de le punir.
Voici ce que je fais désormais pour me sentir bien :
Rafraîchir, exfolier, hydrater (le vrai glow)
La canicule a mis notre peau à rude épreuve. Je file sous des douches tièdes, je fais de bons gommages pour enlever les cellules mortes, et je masse ma peau avec des huiles (comme l’amande douce ou le monoï). La peau est lumineuse, elle respire, elle est douce. C’est ça, le vrai glow estival.
Bouger par plaisir (à la fraîche !)
Je continue de bouger, mais l’objectif n’est plus de « transpirer pour maigrir » (on le fait déjà assez naturellement en ce moment !). Je marche tôt le matin ou je nage en fin de journée pour réveiller mon énergie et me vider la tête. La nuance est énorme.
Faire un tri de confort dans la penderie
Quand il fait 35°C, personne n’a envie d’être compressé. Je range au fond des cartons tous les shorts en jean taille 36 ultra-serrés que je gardais « pour me motiver ». Garder des vêtements trop petits, c’est s’infliger une micro-insulte chaque matin. Place aux robes fluides, au lin et aux vêtements dans lesquels on respire !
Le test du maillot de bain : comment s’y préparer sans pleurer
L’épreuve du maillot de bain est souvent la plus redoutée, surtout quand on doit le dégainer plus tôt que prévu à cause de la chaleur. Voici trois mantras à se répéter quand l’angoisse monte :
Achetez un maillot à votre taille (la VRAIE).
N’achetez pas un maillot pour le corps que vous « aimeriez » avoir en août. Achetez un maillot pour le corps qui vous porte aujourd’hui. Un maillot dans lequel l’élastique ne vous scie pas les hanches, dans lequel vous pouvez respirer et rire sans avoir besoin de rentrer le ventre. Le confort est la base de la confiance en soi.
La règle des 5 minutes.
Quand on enlève sa robe sur la plage, on a l’impression que le monde entier nous regarde et juge nos cuisses. La vérité ? Tout le monde s’en fiche. Les gens sont occupés à fuir le soleil, à surveiller leurs enfants ou à complexer sur leur propre ventre. Au bout de 5 minutes, votre cerveau va s’habituer à l’air libre, et la pression va redescendre. Promis.
L’eau est un lieu de vie, pas un podium.
L’océan (ou la piscine municipale !) se fiche complètement que vous ayez de la cellulite. L’eau rafraîchit de la même façon les ventres plats et les ventres ronds. La nature vous accueille exactement comme vous êtes.
Alors cet été, ne vous cachez pas sous votre serviette en mourant de chaud. Plongez, mangez la glace, rafraîchissez-vous, créez-vous des souvenirs. Vous avez un corps d’été. Il est déjà prêt.
Et vous ? Où en êtes-vous avec cette fameuse injonction du « Summer Body » en pleine vague de chaleur ? Êtes-vous plutôt en phase d’acceptation, ou est-ce que les remarques de l’entourage arrivent encore à vous mettre la pression ? Discutons-en en commentaire, c’est un espace sans jugement ! 👇




